CRAZY HORSE MEMORIAL

Gigantesque sculpture érigée dans les Black Hills, le monument, haut de 171 mètres, commencé en 1948 par le sculpteur d’origine tchèque Korczak Ziolkowski, près du point culminant des Black Hills, reste inachevé après la mort de son auteur en 2002.
Il représente la tête et le buste d’un personnage à cheval, le bras tendu, le doigt pointé vers l’horizon, censé représenter Crazy Horse.
Cette réalisation monumentale est loin de faire l’unanimité parmi les Indiens. Beaucoup la considère comme une profanation des Black Hills, les collines sacrées des Lakotas.
Seule montagne entre le Mississippi et les Rocheuses, seul refuge lorsque le blizzard balaye la Prairie, seule région à des journées de cheval où l'on trouve des arbres pour les mâts des tipis, dès l'arrivée des Sioux dans la région, les Black Hills deviennent un de leurs territoires sacrés.
Le traité de 1868 leur en garantit la propriété mais la découverte d'or, en 1874, déclenche une ruée que le gouvernement fédéral ne fait pas grand chose pour réfréner. Malgré leur éphémère victoire à la Little Big Horn, deux ans plus tard, à nouveau spoliés, les Lakotas plient, mais n'oublient pas leur montagne sacrée.
La région se peuple, l'agriculture s'installe, le territoire des réserves se stabilise et, peu à peu, les Sioux s'intègrent dans la civilisation américaine. Eux aussi veulent leur symbole. En 1939, des chefs tribaux écrivirent à Korczak Ziolkowski pour lui demander de sculpter dans les Black Hills une effigie de Tashunke Witko, Cheval Fou...
Le « Sanctuaire de la Démocratie » n'est pas achevé que, déjà naît l'idée du Crazy Horse Memorial.
Ziolkowski ne sait rien des Sioux. Il travaille quelques mois avec Borglum, puis leur rend visite à Pine Ridge, où il découvre la culture et l'Histoire des indiens des Plaines. Il réalise une maquette, une effigie du guerrier lakota, hautain, le bras droit tendu, l'index pointé en réponse à une question des émissaires du gouvernement américain :
- « Où sont vos terres ? »
- « Elles sont là où sont mes ancêtres ! »

LE MONT RUSHMORE

« La mort aux trousses », d'Alfred Hitchcock, où Cary Grant et Eva Marie Saint, poursuivis par l'espion James Mason, tentent de se dissimuler jusque sur le nez de Georges Washington, rendit le mont Rushmore célèbre dans le monde entier.
Vingt ans plus tard, la pochette d'un disque fit à nouveau le tour de la planète : le visage des cinq musiciens de Deep Purple remplaçait celui des quatre présidents.
Au cours des années 1980, on évoqua l'idée d'ajouter le visage de Ronald Reagan à ses prédécesseurs. Avant lui, on avait parlé de John Kennedy et même, par une curieuse association d'idées, d'Elvis Presley !
L'économie du Dakota du Sud languissait. Directeur de la Société Historique et historien officiel de l'Etat, Doane Robinson imagina d'attirer les touristes avec trois personnages de légende sculptés dans une aiguille de roche des Black Hills : Kit Carson, Jim Bridger et John Colter. Un sénateur s'associa à l'idée et fort de cet appui, Robinson se mit en quête d'un sculpteur capable de mener l'oeuvre à bien.

En 1923, John Gutzon Borglum est bien connu du public grâce à ses œuvres. Un portrait de Fremont, un buste de Lincoln… Ses études à Paris et sa rencontre avec Rodin l'ont mis en contact avec des personnalités importantes, mais ses relations politiques pèsent moins aux yeux de Robinson que le chantier qu'il vient d'abandonner à cause d'un désaccord avec ses commanditaires concernant un portrait du Général Lee, taillé dans le granite de Stone Mountain, près d'Atlanta.
Le sculpteur s'empare du projet et décide, au lieu des héros de l'Ouest, de sculpter dans la roche quatre grands présidents des Etats-Unis :

  • Washington, général de l'Indépendance et premier président des USA,
  • Jefferson, l'un des rédacteurs de la constitution et promoteur de l'expansion vers l'Ouest,
  • Lincoln, garant de l'unité nationale,
  • Théodore Roosevelt, premier à affirmer les Etats-Unis sur la scène internationale.

Les 4 présidents font du projet une grande cause nationale, que l'Etat Fédéral propose de financer entièrement. Le sculpteur n'accepte que la moitié, et rassure les habitants du Dakota du Sud. Il n'aura pas recours à leurs impôts ! Le complément, assure-t-il, il ira le demander aux financiers de l'Est.
L'ouverture officielle du chantier a lieu le 10 août 1927, en présence du président Coolidge.
Chaque visage mesurant 18 mètres de haut, comment en délimiter les contours ? Pour une fois, les unités anglo-saxonnes vont simplifier les choses. Borglum fait une maquette au 1/12éme. Un pied égale douze pouces. Il suffira de reporter les mesures du modèle sur la montagne, unité pour unité. Un mât, une vergue orientée grâce à un rapporteur et un fil à plomb, dans chacune des deux échelles, sont les seuls outils nécessaires. Une surface d'approche, 100 à 150 mm en surépaisseur des traits définitifs des quatre présidents, est dégrossie à la dynamite et au marteau piqueur. Puis, on fore en nids d'abeilles jusqu'au tracé final et on abat les cloisons au marteau pneumatique.
Deux fois, Borglum doit modifier son plan. Jefferson devait être à droite de Washington.Un manque de matière le fait transférer à gauche. Ailleurs, une roche pourrie oblige à enfoncer la tête de Roosevelt plus profond que prévu.
Mauvais hivers et difficultés de financement ralentissent l'ouvrage. 14 ans se passent à sculpter la montagne, dont seulement six et demi sont utilisés, pendant lesquels plus de 300 personnes travaillent sans relâche.
A partir de 1939, pendant que son père cherche des fonds dans l'Est, Lincoln, le fils du sculpteur, dirige le chantier. John Gutzon Borglum meurt en mars 1941.
Au mois d'octobre suivant, Lincoln met fin aux travaux de finition, faute d'argent.
Le « Sanctuaire de la Démocratie » a coûté près d'un million de dollars (le double du devis initial) dont, finalement, 836 000$ ont été pris sur les deniers publics, mais Borglum a tenu sa promesse d'épargner les contribuables du South Dakota.
Depuis, seuls les aménagements extérieurs ont été modifiés.